Soleil des îles

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Toutes les journées vont être les mêmes. Notre mère va se réveiller tard. Elle va prendre un cappuccino soluble dans un bol jaune marron foncé transparent. Les bols les plus dégueulasses de la Terre. Une fois qu’elle aura fini son cappuccino, elle se mettra en maillot de bain. Un maillot de bain deux pièces. La honte ! Elle va se balader comme ça pendant un mois ! A moitié à poil ! Mais le pire est à venir. Arrivée sur la plage, elle enlève le haut ! Je ne supporte pas quand elle fait ça. Vraiment je n’aime pas, ça me met très très mal à l’aise. Mais elle s’en fout. Elle a une seule préoccupation : il faut l’enduire de graisse à traire “Soleil des îles” et c'est à moi que cette tâche incombe. Depuis toujours. C’est mon rôle. Une sorte de malédiction. La graisse à traire, c’est dégueulasse. Ça colle aux doigts, ça pue le monoï. C’est très très gras comme de l’huile de friture et ça a exactement la même fonction. Ma mère va frire. Ça glisse sur sa peau, entre mes doigts. Il faut lui en mettre bien partout, la nuque, les épaules, le dos, et bien à l’arrière des cuisses. Une fois qu’elle est enduite de cette chose immonde, elle s’allonge sur sa serviette. Il ne faut surtout pas bouger à côté d’elle. Sinon, on lui envoie des grains de sable et ça se colle sur sa peau. Elle a peur d’avoir les traces des grains de sable comme bronzage. “ Ne marchez pas près de moi, ça envoie du sable. Allez oust allez jouer plus loin !” On ne se fait pas prier. En tout cas, je ne me fais pas prier. Je file le plus loin possible. Elle se retourne au bout de quelques heures et elle recommence. Elle se met cette fois-ci elle-même la graisse à traire sur la face avant. Elle se rallonge pendant quelques heures et à la fin de la première journée, roulement de tambour : brûlure au deuxième degré, cloques et Biafine :  ça y est les vacances peuvent commencer. 

Toutes les journées vont être les mêmes. Notre mère va se réveiller tard. Elle va prendre un cappuccino soluble dans un bol jaune marron foncé transparent. Les bols les plus dégueulasses de la Terre. Une fois qu’elle aura fini son cappuccino, elle se mettra en maillot de bain. Un maillot de bain deux pièces. La honte ! Elle va se balader comme ça pendant un mois ! A moitié à poil ! Mais le pire est à venir. Arrivée sur la plage, elle enlève le haut ! Je ne supporte pas quand elle fait ça. Vraiment je n’aime pas, ça me met très très mal à l’aise. Mais elle s’en fout. Elle a une seule préoccupation : il faut l’enduire de graisse à traire “Soleil des îles” et c'est à moi que cette tâche incombe. Depuis toujours. C’est mon rôle. Une sorte de malédiction. La graisse à traire, c’est dégueulasse. Ça colle aux doigts, ça pue le monoï. C’est très très gras comme de l’huile de friture et ça a exactement la même fonction. Ma mère va frire. Ça glisse sur sa peau, entre mes doigts. Il faut lui en mettre bien partout, la nuque, les épaules, le dos, et bien à l’arrière des cuisses. Une fois qu’elle est enduite de cette chose immonde, elle s’allonge sur sa serviette. Il ne faut surtout pas bouger à côté d’elle. Sinon, on lui envoie des grains de sable et ça se colle sur sa peau. Elle a peur d’avoir les traces des grains de sable comme bronzage. “ Ne marchez pas près de moi, ça envoie du sable. Allez oust allez jouer plus loin !” On ne se fait pas prier. En tout cas, je ne me fais pas prier. Je file le plus loin possible. Elle se retourne au bout de quelques heures et elle recommence. Elle se met cette fois-ci elle-même la graisse à traire sur la face avant. Elle se rallonge pendant quelques heures et à la fin de la première journée, roulement de tambour : brûlure au deuxième degré, cloques et Biafine :  ça y est les vacances peuvent commencer.